Sand and Skin x Mauro Carraro : l'expérience Floraïku, entre cérémonie du parfum et cabochon d'artiste
Floraïku Paris m'a invité à vivre une expérience à mi-chemin entre l'art et le parfum. Un événement confidentiel, réuni autour de quelques créateurs venus de la mode, du gaming, du streaming et du parfum, pour découvrir l'édition limitée de l'un des parfums phares de la maison, habillée par un artiste. Une manière rare d'entrer dans un univers olfactif, non pas en le sentant seulement, mais en mettant soi-même la main à la matière.
## Floraïku, le parfum comme un poème
Pour comprendre l'expérience, il faut d'abord comprendre la maison. Floraïku Paris a été fondée en 2017 par Clara et John Molloy, déjà à l'origine de Memo Paris, créée dix ans plus tôt. Après un voyage au Japon qui les marque durablement, ils imaginent une maison qui unirait le savoir-faire de la parfumerie française à l'admiration pour la culture asiatique, son raffinement, sa retenue, son sens du détail.
Le nom dit tout du projet. Flora, pour la nature et la beauté végétale, et haïku, cette forme poétique japonaise brève et intense, trois vers, souvent liés à une saison et à un instant. Chaque parfum de la maison porte le nom d'un haïku inédit, écrit par Clara Molloy elle-même, poète, et gravé au dos du flacon. La composition suit la même règle que le poème : une formule courte, resserrée, qui honore quelques ingrédients naturels précieux plutôt que de multiplier les effets. Un parfum est un poème, résume l'adage de la maison.
Les créations sont organisées en cérémonies, chacune inspirée d'un rituel asiatique autour du thé, des fleurs ou de l'encens : Secret Teas and Spices, Enigmatic Flowers, Forbidden Incense, complétées par la cérémonie Shadowing, qui codifie une manière de superposer les parfums pour en moduler l'intensité. Cette cohérence conceptuelle se prolonge jusque dans les flacons, glissés dans des étuis façon boîte bento, et dans la boutique parisienne du 28 rue Bayard, à deux pas de l'avenue Montaigne, conçue comme un ryokan, ces auberges japonaises zen et chaleureuses.
## Un accueil pensé comme un rituel
Sur place, tout avait été préparé au millimètre. Un atelier, une table dressée, une attention visible portée à chaque élément. Ethan et Anaïs, qui nous recevaient, ont d'abord raconté la maison, sa philosophie, son histoire, avant de nous plonger dans l'ambiance par un geste simple et juste : un thé, dont les notes reprenaient celles du parfum du jour. Une vanille salée, chaude et enveloppante, servie comme une entrée en matière liquide vers ce qu'on allait sentir ensuite. Franchement délicieux, et cohérent avec l'esprit d'une maison où le thé n'est jamais loin du parfum.
Puis vient la découverte des fragrances qui structurent Floraïku aujourd'hui. Des compositions courtes, lisibles, construites comme des haïkus olfactifs, où l'on cherche l'essentiel plutôt que la démonstration. C'est une parfumerie de la retenue, à contre-courant d'un marché souvent porté sur la surenchère.
## Une maison qui se vit en boutique
C'est un point qui mérite d'être souligné, car il fait la singularité de la maison. Chez Floraïku, l'achat d'un parfum n'est pas une transaction, c'est une expérience. En boutique, chaque visiteur est convié à une véritable cérémonie du parfum : installé au bar situé dès l'entrée, on découvre les fragrances une à une en écoutant les haïkus qui leur sont associés, ce qui change radicalement le rapport au parfum. On ne sent pas un produit, on entre dans un poème.
La maison propose aussi un service de gravure du flacon, qui permet de personnaliser son objet d'un message ou de quelques mots, fidèle à cette idée que le parfum est un texte autant qu'une odeur. À cela s'ajoutent l'essai olfactif accompagné et un emballage signature dans l'étoffe de tissu de la maison. Autant d'attentions qui prolongent l'idée de rituel jusque dans l'acte d'achat, et qui font de la boutique un lieu où l'on prend le temps plutôt qu'un simple point de vente.
## Le cabochon signé Mauro Carraro
Le cœur de l'événement, c'était l'édition limitée de Sand and Skin, dont l'habillage a été confié à l'artiste Mauro Carraro. Sa signature visuelle, c'est un univers où le bleu profond rencontre la feuille d'or, une palette où le bleu porte la profondeur, le mouvement et l'eau, tandis que l'or apporte l'éclat et le rayonnement d'une peau au soleil.
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