Quand une compagnie aérienne se choisit une odeur : le cas AF001 par Kurkdjian
On pense connaître tous les codes d'une grande marque, son logo, ses couleurs, sa typographie. Mais il en est un, plus subtil, plus intime, que les maisons de luxe cultivent de plus en plus : leur odeur. Air France l'a bien compris avant beaucoup d'autres. Début 2025, la compagnie s'est dotée de sa propre signature olfactive, baptisée AF001 et confiée à l'un des plus grands parfumeurs du monde, Francis Kurkdjian. Un peu plus d'un an après, alors que la fragrance a eu le temps de se déployer dans les salons, c'est le bon moment pour revenir sur ce qu'elle raconte vraiment, et sur un sujet passionnant qu'elle illustre à merveille : l'identité d'une marque par le parfum.
## Une première dans l'histoire de la compagnie
Pour la première fois de son histoire, Air France s'est dotée d'une fragrance signature, dévoilée le 15 janvier 2025. Un geste loin d'être anodin pour une compagnie qui cultive depuis toujours une certaine idée de l'art de vivre à la française, et un projet qui aura demandé plus de deux ans de travail. Le nom choisi, AF001, n'est pas un simple code. Il rend hommage au vol mythique reliant Paris à New York, opéré par le Concorde dès la fin des années 1970, tout en évoquant l'idée du tout premier voyage. Une manière d'inscrire le parfum dans la légende de la maison.
Pour composer cette odeur, Air France a fait appel à Francis Kurkdjian, sans doute le parfumeur français le plus célèbre de sa génération. Fondateur de la Maison Francis Kurkdjian, et directeur de la création parfum chez Dior depuis 2021, il a marqué l'histoire récente en signant Le Mâle de Jean Paul Gaultier dès 1995. Confier sa signature à un tel nom, c'est afficher une ambition claire, celle de l'excellence.
## Une odeur de lumière
Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, AF001 n'est pas un parfum que l'on porte, mais un parfum d'ambiance, destiné à embaumer les espaces de la compagnie. Il a d'abord été diffusé à l'entrée des salons Air France de Paris-Charles de Gaulle, dans le vestibule, le salon La Première et ses suites attenantes, ainsi que dans les salons des terminaux 2E halls L et M, 2F et 2G, avant un déploiement progressif vers les autres salons parisiens et internationaux.
Côté composition, Kurkdjian a imaginé une fragrance florale, légère et enveloppante. Il l'a lui-même décrite simplement : un axe musqué, associé au mimosa, complété par des molécules aux facettes de jasmin, enveloppantes, comme un visage caressé par un vent de fleurs. La rose vient parfaire cette touche florale. Le résultat se veut frais, doux et réconfortant, une atmosphère plus qu'un sillage, pensée pour procurer une sensation d'espace, de calme et de luminosité. Le parfumeur en a livré une image particulièrement juste : il dit avoir cherché à capturer l'illusion d'un rayon de soleil sur les ailes d'un avion. Toute la poésie du voyage aérien tient dans cette phrase.
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