Oud Velvet Mood : Francis Kurkdjian réécrit sa formule de 2013 et l'ouvre enfin au monde
Ce parfum, c'est Francis Kurkdjian qui me l'a offert en personne. Et l'histoire qu'il m'a racontée à cette occasion est presque plus intéressante que le flacon lui-même. Celle d'une formule née il y a plus de dix ans, entièrement réécrite, et d'un parfum longtemps réservé à une seule adresse au monde qui s'ouvre enfin à tous. Voici l'histoire d'Oud Velvet Mood, et mon avis honnête après trois semaines à le porter.
## Une rencontre et un souvenir de désert
Je l'ai rencontré début juillet. Francis Kurkdjian, l'un des plus grands parfumeurs vivants, fondateur de sa maison et directeur de la création parfum chez Dior, un homme dont chaque création est un événement. Il m'a parlé d'un voyage dans le désert, de dunes aux reflets abricotés, de ces courbes sculptées par le vent à perte de vue. C'est de cette image, de cette sensation de velours minéral et chaud, qu'est née la nouvelle version de son parfum.
Ce parfum s'appelle Oud Velvet Mood. Et il faut être précis, car ce n'est pas une nouveauté au sens strict. La formule d'origine est sortie en 2013 au sein de sa maison, déjà en extrait à l'époque. Ce qui change en 2026, c'est double : la composition, entièrement réécrite, et la distribution, qui s'ouvre au monde entier. Car jusqu'ici, ce parfum était une exclusivité du grand magasin londonien Harrods. Le sentir supposait donc, la plupart du temps, de passer par Londres.
## Ce qui change dans la nouvelle formule
Le travail de réécriture est passionnant à décrypter, car il transforme radicalement le caractère du parfum. La cannelle de Ceylan, très présente dans la version 2013 aux côtés du copaïba, disparaît complètement. À sa place, Kurkdjian installe une pêche veloutée, douce et fruitée, et un jasmin qui vient adoucir et arrondir le cœur.
En fond, un accord de daim et un accord de cuir viennent envelopper l'oud, lui donnant cette texture textile, cette sensation de matière souple sur la peau qui justifie pleinement le mot velvet, velours, du nom. Le safran, lui, demeure en ouverture, comme un fil conducteur entre les deux versions. Le résultat s'éloigne complètement de la composition de 2013, plus épicée et orientale. Ce n'est pas un oud brutal, ni médicinal, ni fusant. C'est un oud chaud, balsamique et boisé, qui reste près du corps, un oud apprivoisé, presque caressant.
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