Nur passe des huiles aux extraits : mon avis sur Vanille Rousse et Tonka 75
Vous connaissiez peut-être déjà les huiles parfumées de Nur, que j'avais beaucoup appréciées et dont je vous avais parlé. Aujourd'hui, la marque passe un cap important : elle sort ses deux premiers extraits de parfum. Deux créations que j'ai reçues et que j'ai pu porter, et je dois dire qu'il ne m'a pas fallu longtemps pour me faire un avis. Voici ce que valent Vanille Rousse et Tonka 75.
## Nur, l'artisanat olfactif qui monte
Un mot d'abord sur la maison, pour ceux qui la découvrent. Nur est une marque de parfumerie artisanale que je suis depuis un moment, d'abord pour ses huiles parfumées, un format concentré et intime, sans alcool, qui m'avait séduit par la qualité de ses matières et le soin de ses compositions. Avec ces deux extraits de parfum, la marque franchit une étape, celle de la fragrance vaporisable classique, mais en gardant sa philosophie : des matières premières travaillées avec soin, des macérations longues, une approche de niche assumée.
Le passage de l'huile à l'extrait n'est pas anodin. C'est un changement de format qui expose davantage la composition, sa tenue, son évolution sur la peau. Un vrai test pour une marque artisanale. Et sur ce terrain, Nur s'en sort très bien.
## Vanille Rousse, la douceur maîtrisée
Le premier extrait, c'est Vanille Rousse. On est ici sur une vanille très douce, presque comme une vanille qu'on aurait fouettée dans une crème neutre, avec un fond légèrement épicé et fumé qui l'empêche de tomber dans la mièvrerie.
Ce que j'apprécie, c'est le travail sur la matière. La vanille provient d'une teinture de vanille planifolia macérée pendant trois mois, ce qui donne cette profondeur et cette rondeur qu'on ne trouve pas dans les vanilles synthétiques plates. Le côté légèrement épicé, lui, s'explique par le recours à une vanilline issue de l'eugénol du clou de girofle. Petite précision de rigueur, car c'est un point souvent mal compris : cette vanilline obtenue à partir de l'eugénol est une vanilline d'hémisynthèse, transformée chimiquement à partir de la molécule du girofle. Elle n'a rien d'un défaut, au contraire, c'est un procédé courant et légitime, mais elle apporte une facette épicée, un supplément d'âme qui distingue Vanille Rousse d'une vanille lisse et attendue.
Sur la peau, c'est une vanille douce mais tenace, qui tient bien dans le temps. Elle peut tout à fait se suffire à elle-même, mais je la vois surtout comme une matière de layering, à l'automne, pour réchauffer et arrondir des parfums cuirés, gourmands ou boisés. C'est une vanille qui sait se faire fondation autant que soliste.
## Tonka 75, mon coup de cœur
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