L'Occitane et DSM-Firmenich donnent une odeur au Palais des Papes : histoire des Pierres du Palais
Que peut bien sentir un palais vieux de sept siècles ? La question paraît folle, et pourtant deux maisons ont uni leurs savoir-faire pour y répondre. L'Occitane en Provence, associée à la maison de composition DSM-Firmenich, vient de donner une odeur au Palais des Papes d'Avignon. Le résultat s'appelle Les Pierres du Palais, un parfum d'intérieur qui cherche à mettre en flacon la pierre chaude, le mistral et les jardins du plus grand palais gothique d'Europe. Pour l'enfant de Provence que je suis, ce projet a une résonance particulière. Décryptage.
## Deux maisons pour capturer l'âme d'un lieu
L'idée de départ est vertigineuse. Comment traduire en odeur non pas une fleur ou une matière, mais un édifice entier, une atmosphère, sept siècles d'histoire ? Pour relever ce défi, la création s'est faite à plusieurs mains. Côté patrimoine, Stéphanie Brémond, déléguée générale du Fonds de dotation du Palais des Papes, a guidé le projet et transmis l'âme du lieu. Côté marque, L'Occitane en Provence a apporté sa culture provençale. Et côté composition, c'est la parfumeuse Bérénice Watteau, de la maison DSM-Firmenich, l'un des plus grands noms mondiaux de la création de parfums, qui a tenu le stylo olfactif.
Le monument méritait bien cette mobilisation. Le Palais des Papes n'est pas un lieu comme les autres. Bâti au XIVe siècle lorsque la papauté s'installa à Avignon, c'est le plus grand palais gothique d'Europe, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1995, et l'un des sites les plus visités de France. Lui inventer une signature olfactive, c'est prolonger la visite au-delà du regard, offrir un souvenir que l'on emporte et que l'on rallume chez soi.
## Une composition minérale et végétale
Le parti pris de Bérénice Watteau est passionnant : composer un parfum comme on dresse une architecture, avec sa structure et ses volumes. La fragrance se veut à la fois minérale et végétale, à l'image du monument et de ses jardins.
Minérale d'abord, car tout commence par la pierre. La parfumeuse a cherché à restituer cette odeur si particulière de la pierre ocre chauffée par le soleil, ce caillou sec et lumineux du Sud, rejointe par une note d'encens qui convoque la mémoire sacrée du lieu, ses siècles de liturgie. Végétale ensuite, avec un cœur qui puise dans les jardins médiévaux patiemment restaurés du Palais. On y respire le cèdre de l'Atlas, une sève fraîche, des mousses humides, une touche de menthe, et les herbes aromatiques qui poussent aujourd'hui entre les murs. Et planant sur l'ensemble, l'esprit du mistral, ce vent qui s'engouffre dans les coursives et fait partie intégrante de l'identité avignonnaise. Le résultat compose une véritable promenade olfactive, de la fraîcheur des grandes salles de pierre à la lumière des jardins.
Le soin du détail va jusqu'au flacon, dont l'identité visuelle a été confiée au photographe Romain Laprade, qui a choisi de représenter une voûte en ogive du Palais. Tout, du liquide à l'image, raconte le même édifice.
## Cinquante ans de Provence, dix ans de mécénat
Ce parfum n'est pas un lancement isolé, il est l'aboutissement de deux histoires qui se rejoignent. Celle d'un partenariat, d'abord. Depuis 2012, L'Occitane, le Fonds de dotation du Palais des Papes et Avignon Tourisme œuvrent ensemble à la restauration et au rayonnement du monument. Les Pierres du Palais célèbre une décennie de ce mécénat culturel, fidèle à une ambition résumée par Stéphanie Brémond : révéler le Palais des Papes sans jamais le dénaturer.
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